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Céline par Michel Deguy

Janvier, 2011

 

Notre économie culturelle contraint à des célébrations. Le ministère ad hoc, qui gère la patrimonialité, en annonce le programme officiel. Non seulement ce régime ne changera plus, mais les critères du rendement, c’est-à-dire du marché, en commandent la croissance, comme du reste. Cette année le cas Céline, centenaire, bicentenaire, ou cinquantenaire, peu importe, se présente.

Du point de vue de ce qu’on entendait par « culture » avant l’ère culturelle, il était bien sûr complètement indifférent de célébrer en gloire nationale Louis-Ferdinand Céline. C’est une gloire nationale et internationale sur un autre plan : un grand écrivain français, qui a fait son œuvre avec son génie et son histoire.

Ce n’est pas une « censure » de le soustraire au programme officiel national. Son œuvre n’en a cure – nous non plus. Céline a commis et publié des ignominies ; on peut comprendre qu’il soit politiquement incorrect de l’exalter en figure historique nationale à honorer dans les écoles et les cérémonies. Ses chances d’entrer au Panthéon sont minces.

Il y a dans notre réserve nationale en littérature française cent auteurs originaux et puissants qui peuvent – ou non – être honorés. Comme des milliers de « sites » splendides, paradisiaques ou infernaux, dans le monde sur la terre, qui se passent du label Unesco de « patrimoine mondial » - et, souhaitons-le, s’en passeront.

Qu’est-il arrivé à Sollers, qui crie à la censure ? A-t-il perdu le jugement ? Sollers est devenu insollers.

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