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Giuseppe Ungaretti

Février, 2014

 

Pour la situation et la présentation de ce poème retrouvé dans le fonds des manuscrits d’Ungaretti, on renvoie à l’annotation et au commentaire du volume par Carlo OssolaTutte le Poesie., pp. 1235-1240.

Il se trouve dans le cycle consacré à Antonietto – son fils de neuf ans mort en novembre 1940. On sait comment La douleur (1947) porte et efface la trace de ce deuil impossible.

Le poète revient sur une scène où il se laissa distraire de la compagnie de son fils par une écuyère - distraction que la mort a rendue rétrospectivement insupportable.

1.
La giostra gira, e in mente ti mulina
Vecchio, lo spasimo accecante
Che, un giorno a un lampo di ginochia
(Nude tra gli stivali con gli sproni
Ed un violaceo fustanino)
Da una cavallerizza, al passo, sola,
Per i brulli silenzi fuori mura,
Ti prese... E gli occhi tuoi si scordano,
Si possono scordare, vecchio misero,
Del bimbo che di sulle staffe
D’un bianco cavallino
Felice verso di te drizzandosi,
Saluta con la mano in fuga.

Le manège gire, et mouline dans ton esprit
De vieux, le spasme étourdissant
Qui, un jour, éclair des genoux
(Nus entre les bottes éperonnées
Et la futaine violacée)
D’une écuyère au pas, seule,
Dans l’aride silencieux, hors les murs
Te saisit … Et les yeux, tes yeux, s’oublient,
Peuvent oublier, vieux misérable
L’enfant qui sur les étriers
D’un petit cheval blanc
Heureux vers toi se dressant
Salue d’une main en fuite.

Traduction : Michel Deguy & Martin Rueff

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