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Samira Negrouche : « À cent quatre vingt degrés »

Mardi, 16 Décembre, 2014 - 15:30

À cent quatre vingt degrés

/Samira Negrouche

Ton départ un retour
Lorsque depuis l’horizon
On se retourne
vers le lieu d’origine

François Cheng, Le long d’un amour, 2003

Pour K. A.

1.

Succomber à l’appel de l’ouest
à ces rails qui te portent
débordent l’heure
de la rencontre

Tu arrives dans le lieu du souvenir
où l’acte devient métaphore
glissement de langage
silence

Par les yeux qui t’ont attendu
redécouvrir la montagne
par de-là le Tessala          point
de vue détourné

2.

Tu parles au passé
de ce qu’il reste à colmater
sur le chêne que l’on maltraite

Gestes ancrés       répétés
balbutiements de notes crochetées
sur la surface à polir
à vivre

Centres digitaux -
blessures
tu articules chaque courbure
et plonges lentement
dans la mémoire
qui ne se raccommode pas.

3.

À l’ombre du mur
dernière demeure du soleil
rendez-vous matinal

Poursuite       rituel
de l’histoire à venir
de la matrice retournée

Ce sont ces mêmes doigts
qui étreignent le chemin
les rails qui s’enflamment
le carré de terre
l’angle de tir
l’attente époumonée

4.

Tu ne dis pas
l’ordre des choses
la résurgence du doute

5.

Tu ne célèbres pas
ce qui passe
ce qui vient
tu entres dans le silence
à heure nommée
c’est à cent quatre vingt degrés
que tu te conjugues.

Sidi Bel Abbès - Alger, le 8 février 2010

Décembre, 2014